Travailler dans le formel ou l’informel : quels bénéfices, quels défis ?

Travailler dans le formel ou l’informel : quels bénéfices, quels défis ?

En Côte d’Ivoire, comme dans beaucoup de pays africains, une grande partie des travailleurs exercent dans le secteur informel. En effet, selon le FMI en 2016, la part du secteur informel oscillait entre 30% et 40% du PIB.

Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Le secteur formel correspond aux emplois encadrés par un contrat, protégés par la législation du travail, avec des avantages comme la couverture sociale, la retraite ou encore la possibilité d’obtenir un crédit bancaire grâce à la stabilité des revenus. À l’inverse, le secteur informel regroupe toutes les activités non déclarées officiellement : commerce de rue, petits ateliers, artisanat, services divers. Ces activités sont vitales pour l’économie mais elles échappent au cadre légal et à la protection sociale.

Les données statistiques relatives au secteur informel en Côte d’Ivoire (rapport CAPEC, CIRES février 2018) relèvent, entre autres, que ce secteur est prédominé par les travailleurs jeunes dont l’âge moyen des dirigeants est de 34 ans avec 61,50% âgés de 16 à 35 ans et 38,25% ayant plus de 35 ans.


Le secteur formel présente plusieurs atouts. Il offre plus de sécurité professionnelle, une certaine stabilité et des perspectives d’évolution de carrière. Les travailleurs peuvent bénéficier de formations continues, de droits en cas de maladie ou de licenciement, et d’une retraite. Cependant, y accéder reste difficile : la plupart des postes exigent des diplômes, des compétences précises ou parfois des réseaux solides.

De son côté, le secteur informel permet à de nombreuses personnes, même sans qualifications élevées, de générer un revenu rapidement. L’informel offre une liberté d’organisation et une capacité d’adaptation impressionnante aux réalités économiques locales. Mais cette souplesse a un coût : absence de protection sociale, revenus souvent instables, précarité en cas de problème de santé ou de baisse d’activité. Pour beaucoup, travailler dans l’informel signifie vivre au jour le jour, sans véritables garanties pour l’avenir.

Le choix entre formel et informel n’est pas toujours volontaire. Beaucoup entrent dans l’informel par nécessité, faute d’opportunités dans le formel.
L’enjeu pour le pays est de mieux valoriser et sécuriser les emplois informels, tout en facilitant l’accès au formel.